31.03.2009

le livre de la semaine (2)

« Michelet exaltait la solitude de Géricault. "C'est la France elle-même, écrivait-il, c'est notre société toute entière que Géricault embarque sur ce radeau de la Méduse."  Antoine recopia la phrase dans un cahier : elle plairait au producteur, elle plairait à tout le monde, pourquoi s'en priver ? Michelet se moquait des premiers spectateurs du Radeau, de ceux qui avaient pensé : « Il y a trop de morts, ne pouvait-il pas peindre un naufrage plus gai ? » (Le Radeau de la Méduse, chapitre 2)

« Antoine divisait le bouddhisme en deux, comme les films pornos : il y avait le hard et le soft. Le bouddhisme tibétain était le plus hard. Les lamas apprirent à Agnès qu'elle était belle parce qu'elle avait fait des offrandes à Bouddha dans ses vies antérieures. Ils affirmaient que les pauvres, obligés de travailler dur, payent ainsi des vies antérieures pendant lesquelles ils ont triché au jeu et insulté leurs parents. En rentrant à Paris après son stage de purification tantrique, Agnès portait un ruban rouge autour du cou. Elle refusa de dire ce que c'était et elle ne l'enleva jamais. Elle se servait d'un chapelet qu'elle gardait dans un carré de soie blanche et elle déclara à Antoine qu'elle ne pourrait désormais faire l'amour avec lui que s'il acceptait de dédier son plaisir à tous les êtres. Elle offrait son corps parce qu'elle n'était pas attachée, et qu'elle ne le possédait plus. A chaque baiser, elle pensait : « Que tous les êtres soient heureux. Il fallait aussi qu'elle envoie de l'argent aux lamas. Elle devait faire chaque jour des centaines de prosternations et Antoine avait remarqué que c'était excellent pour les muscles. Elle avait fini par dire qu'elle devait vivre seule pour méditer. » (Le Radeau de la Méduse, chapitre 2)

François Weyergans a été élu à l'Académie française, au troisième tour de scrutin, pour le fauteuil de Maurice Rheims, après le décès d'Alain Robbe-Grillet, le 26 mars dernier. Il avait déjà obtenu le Goncourt en 2005, pour Trois jours chez ma mère, un ouvrage attendu depuis bien longtemps... (le contrat avec l'éditeur, Grasset, datait de 1992 ! Olivier Le Naire retraçait pour L'Express la genèse mouvementée de cette oeuvre : http://livres.lexpress.fr/portrait.asp/idC=10648/idTC=5/i...

« La création littéraire ne se commande pas. C'est un alcool fort qui réclame, à partir de la matière brute, une distillation, une maturation. Quand je feuillette les auteurs actuels, qui, à mes yeux, publient trop, mon diagnostic est toujours le même : pas assez de travail ! Les gens s'imaginent qu'écrire est facile. Mais il faut revenir au moins six ou sept fois sur le même chapitre pour l'améliorer, puis retrouver la fraîcheur du premier jet. C'est si rare quand ça file tout seul au point de me laisser croire que le clavier a plus de talent que moi. » F.W.

L'écrivain était déjà connu, entre autres, pour un livre sur la condition d'écrivain (Je suis écrivain, 1989), commenté entre autres par Dominique Viart dans sa Littérature française au présent, p. 303 : « la fin du grand écrivain. F.W. caricature en clown celui qui autrefois aurait édifié les foules ») sur la relation tragi-comique entre un patient et son psy (Le pitre, son premier roman publié) sur un cinéaste de télé qui s'ennuie avec Géricault (Le radeau de la Méduse, 1983) ou encore sur sa relation compliquée avec son père, un éditeur catholique très rigide qui l' « empêchait » d'être écrivain (Franz et François, 1997). Salomé, publié en 2005  en même temps que Trois jours..., écrit en secret à 27 ans, en 1968, est la matrice de son oeuvre, dans laquelle il va puiser tous ses autres ouvrages... C'est un donc nouvel académicien un peu déjanté à la "dégaine inimitable, gauchement chaloupée" (Ariane Chemin dans Le Monde, à l'annonce du Goncourt, le 08/11/2005)

30.03.2009

Nous sommes tous des pirates...

Une pétition à l'encontre de la loi HADOPI circule actuellement sur le net, intitulée le Pacte des Libertés Numériques et envoyée par le « réseau des pirates ». Leur devise est « Nous sommes des millions, ils font de nous des pirates ». J'avoue n'avoir pas téléchargé illégalement ni film ni musique comme je n'utilise pas de logiciel dont je n'ai pas les droits. Ce n'est pas pour jouer les vertueux mais par choix personnel. Cela n'empêche pas de me sentir très concerné par la loi HADOPI. Car nul besoin d'avoir fait des téléchargements d'œuvres protégées pour se trouver coupable : en cas d'utilisation illégale de votre adresse IP (en fait celle de votre box, en général) qu'elle ait été capturée sur le net, utilisée par un tiers ou que votre réseau filaire ou wifi ait été piratée, ce sera à vous de faire la preuve de votre innocence... Une révolution légale en France où régnait en maître jusque là la présomption d'innocence.

Une loi donc dangereuse qui remet en cause des libertés fondamentales et ce pour qui ? Pour protéger quoi ? Les artistes nous dit-on, bien qu'ils paraissent bien absents du texte actuel ? En réalité si l'on reprend les conclusions de l'étude menée par l'UFC -Que choisir, cette loi paraît destinée essentiellement à protéger le modèle économique actuel des grandes majors et de la SACEM. Je vous conseille en tout cas la lecture de cette étude pour vous former une opinion éclairée :

http://www.quechoisir.org/positions/Une-mauvaise-solution...

Vous pouvez aussi jeter un œil au texte de La Quadrature du Net, un collectif de citoyens qui informe sur des projets législatifs menaçant les libertés individuelles, les droits fondamentaux et le développement économique et social à l'ère du numérique, un peu plus virulent :

http://www.laquadrature.net/fr/olivennes-HADOPI-creation-...

Et si vous connaissez d'autres textes pouvant éclairer la question, je suis preneur !

C.

29.03.2009

Commentaire sur un article du monde paru le 17 mars 2009 "La vie privée, un problème de vieux cons ?"

L'auteur de l'article, un journaliste spécialisé dans les nouvelles technologies de l'information et de la communication (les fameuses NTIC) a écrit dans le journal Le Monde un article les 17 mars dernier  pour nous informer que nous, la jeune génération, étions déshinibé face aux applicationsqui selon lui mettent en danger notre vie privée par une trop grande exposition dans des sites de socialisation comme Facebook. Il prend comme exemple que des étudiants de l'ENSCI (Ecole Nationale supérieure de Création Industrielle) créent de "façon décomplexée" des applications "ludiques - et commercialisables- " à partir "des technologies de surveillance". Le fait écrit l'auteur que l'on peut être perturbé par cette décomplexion vient du fait que ceux qui ont peur sont des "vieux", voir "vieux cons" car il n'on pas compris qu'aujourd'hui les jeunes n'ont pas peur de se livrer en entier ("Tous à poil sur le net") sur la toile! La vie privée n'étant plus qu'un concept pour les gens trop vieux pour vivre dans la "beautiful life du Net"

Voici le blog de l'auteur de l'article: http://jean-marc.manach.net

Liste de ces articles dans le site Lemonde.fr: http://www.lemonde.fr/web/recherche_resultats/1,13-0,1-0,...

M.

La Réflexion du Dimanche...

Pour reprendre l'idée du livre de la semaine et parce que le dimanche est un jour chômé, voici la réflexion du dimanche, une citation d'auteur destinée à occuper notre temps de cerveau disponible entre repas de famille, lendemain de fête, vie de famille, ménage hebdomadaire et petit tour au marché...

"Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde" (Albert Camus)

Bonne méditation

C.

PS : nous perdons une heure de reflexion aujourd'hui... ou de sommeil c'est selon!

27.03.2009

Quand je serais grand....

Je serais guide ou conservateur... Mouais c'est rare! Par contre architecte ou dessinateur de bandes dessinées, c'est plus courant. Alors que vous soyez tendance papier ou tendance web voici une source de renseignements toute récente sur les métiers des arts graphiques et sur les métiers du patrimoine, le supplément Télérama de cette semaine. Chez votre buraliste ou à consulter sur le site Télérama, Formation ( http://www.telerama.fr/formations/ ). A mettre dans toutes les mains, du collège au lycée....

C.

26.03.2009

Salon du livre à Paris 2009

     Rouge, rose, vert, blanc, violet... Le Salon a revêtu les couleurs du Mexique... Spectacle de la langue hispanique, théâtre de romanciers, José Agustin, Fabrizio Mejia Madrid, Alberto Ruy-Sanchez, de poètes, Homero Aridjis, Carlos Fuentes, Tomas Segovia et de journalistes, Hector Manjarrez, Anna Garcia Bergua, Mario Gonzalez Suarez... Un imaginaire multicolore et guttural, pour le plaisir des yeux et des oreilles...

c.

25.03.2009

Le Google des collégiens...

Google, l'omniprésent Google vient de lancer un grand jeu-concours national, Cherche Net, avec pour objectif d'apprendre aux élèves à développer les bons réflexes, à se protéger et à respecter les autres (Cf ci-dessous la présentation officielle du jeu). Bref Google devient le parfait adjoint des enseignants pour la validation des items du B2i et pour les enseignants documentalistes propose un support fédérateur. Que ferait-on sans Google ?

A noter que les critères d'évaluations du blog ainsi produit ont une certaine ressemblance avec une épreuve orale connue...

C.

http://www.cherchenet.fr

Le jeu Cherche Net à destination des collégiens de 6ème et 5ème, une opération conjointe de Google France et de Calysto (agence de conseil en usages pédagogiques d'Internet) avec le soutien du Ministère de l'Education Nationale.

Afin d'inciter les élèves à découvrir l'Internet autrement, ils vont devoir utiliser à la fois leurs connaissances et leur esprit astucieux, mais aussi se servir des différents outils du numérique pour rendre leur navigation plus pratique et plus rapide. Pour cela, un kit pédagogique est téléchargeable sur le site pour que les élèves aient toutes les clés en main pour résoudre les énigmes.

Le blog sera évalué et noté par un jury. Les élèves devront non seulement trouver les réponses aux énigmes, mais aussi décrire la méthodologie utilisée pour y parvenir.

Ils seront évalués selon les critères suivants :

Les sources de leurs informations,

La justification de leur démarche,

Les réponses aux énigmes,

La qualité de la rédaction,

L'utilisation des outils appropriés pour parvenir aux solutions.

 

le livre de la semaine (1)

L'un des meilleurs trucs observés au cours des stages "PLC1" du capes de documentation, et aussi le truc le plus simple du monde (encore faut-il y penser...) c'est le "LIVRE DE LA SEMAINE", comme le propose par exemple le lycée Pasteur de Lille pour ne pas le citer.

Je commence avec un livre bien sage et bien sérieux (mais me connaissant, ça devrait vite "se gâter"...) que je viens de finir de lire et qui est vraiment bien fait et très intéressant : le petit ouvrage d' Anne Maurel, La critique, dans la collection "Contours littéraires", chez Hachette.

Anne Maurel est professeure de lettres supérieures à Henri IV et sa présentation des différents aspects de la critique littéraire (du côté de l'auteur, du côté de l'oeuvre et du côté du lecteur : critique historique, herméneutique, critique structurale, critique textuelle, sociologie de la littérature, textanalyse, etc.) est claire et lumineuse, ce qui est tout de même un exploit dans ce domaine !

A bientôt pour un nouveau numéro du LIVRE DE LA SEMAINE, qui sera probablement complètement différent la prochaine fois !!!

Visite de l'exposition Babar, Harry Potter et Cie à la BnF

Cette exposition se trouve au sein du site François Mitterrand de la BnF à Paris. Bâtiment impressionnant pour ceux qui n’y sont jamais allé. Il faut monter les escalier se retrouver sur le parvis, puis redescendre au rez-de-jardin (C’est déjà tout un programme en soi !).

Enfin on arrive à l’exposition. Et tout de suite, on est accueilli par le Lapin d’Alice aux pays des merveilles qui nous invite à le suivre et à découvrir nos « chers et tendres » héros de nôtre enfance (et de celle de nos parents).

On entre dans la pièce principale de l’exposition et on voit tout de suite au milieu une bannière s’enroulant à la manière d’une farandole avec imprimée dessus Babar, Alice, Fifi Brindacier, l’ours Michka , et autre Martine …

On se laisse alors tout doucement revenir à nos plus jeunes années en suivant le parcours de l’exposition.

On commence par la 1ère Partie : L’enfant à la découverte du livre. On retrouve des livre de diverses époques. Des livres moderne « à toucher » pour apprendre au enfants les matières, les formes, les couleurs, Le petit Bleu et le petit Jaune par exemple. On remarque de plus tout de suite un recueil de « vieilles chansons pour enfants » datant de 1883 ouvert sur la comptine « Compère Guilleri » et son célèbre « Carabi, Titi, Carabi, Toto, Carabo, Compère Guilleri, Te lai'ras-tu, te lai'ras-tu mouri » Evidemment sans la musique ça ne dit pas grand-chose. A propos de choses, l’exposition montre bien l’importance qu’avait dans la passé la fameuse Leçon de chose représentée par des Cubes datant du XIXème avec sur chaque face une représentation pour « appréhender le monde » ou ces livres avec à chaque page une lettre et des mots associés ou une image représentant la nature pour développer son vocabulaire et ses connaissances . Il ya bien sûr un exemplaire du très IIIème République : Tour de la France par deux enfants. Il ya aussi un album de Babar datant de l’entre-deux-guerres magnifique qui marque la naissance de l’album illustré moderne. L’exposition de Max et les maximonstres est un régal pour nos yeux.

On arrive alors dans la 2ième Partie : L’enfant, explorateur des univers du livre. On retrouve alors avec un plaisir immense beaucoup de nos héros que l’on avait oublié ! Ah, la série du Le Club des cinq, qui n’en a pas lu lève le doigt, je le croirait pas quand bien même. Et, l’ouvre de Jules Verne : Michel Strogoff, De la Terre à la Lune, 20 000 lieux sous les mers et j’en passe… Tout ces titres en éditions originales dans la « Collection Hetzel ». A l’abordage de tout ces titres que nous avons tous lu (ou à peu près tous lu) ! J’avoue un plaisir légèrement coupable à lire la plume de la Comtesse de Ségur sur un manuscrit des Malheurs de Sophie. A cette chère Sophie qui par son caractère de chipie n’en ratait pas une (on eut été parfois volontiers à sa place). On repleurera devant un exemplaire de Sans Famille d’Hector Malot et de tous les malheurs qui s’abattent sur ce pauvre Rémi. On remarquera que la découverte de l’Autre fait aussi partie de nos livres d’enfants avec par exemple Apoustiak de Paul Emile Victor qui nous faisait découvrir la vie d’un jeune esquimau. A l’éducation n’est pas loin, nombres d’ouvrages des Editions du Père Castor parsèment l’exposition. Un original du Télémaque de Fénelon nous rappelle qu’un livre à toujours un but d’éducation.

Puis de fils en aiguilles (en fait de livre en livre) on arrive à la 3ième Partie : Petits adultes, grand enfants et écrans magiques. On commence par découvrir et redécouvrir nos journaux d’enfance : Pif et ses fameux gadgets( le poix sauteur non ?), le journal de Mickey, Astrapi et j’en passe…Et là Paf, c’est le cas de le dire, on arrive sur nos héros de Télévision. Pour les plus âgés, Thierry La fronde rappellera de bon souvenirs. Un écran diffuse des extraits d’émissions et séries pour la jeunesse : La petite maison dans la prairie, Chapi Chapo, Mimi Cracra et bien d’autres…

Retour au milieu dans la bannière des « héros » où l’on retrouve plein d’album de BD et de livres tels Rahan, Oui-Oui, Blake et Mortimer, Babar, Martine et en moderne Harry Potter, Bilbo le Hobbit.

Oh que d’émotions !! Il est temps d’aller fureter dans la bibliothèque de l’exposition et de rechercher avec délectation les albums et livres de notre enfance. Après cette lecture reposante, la monde de la Bnf et la lumière du jour nous appellent pour de nouvelle aventures.

Pour plus de renseignement, je vous invite à aller voir l’exposition virtuelle de cette exposition (http://expositions.bnf.fr/livres-enfants/index2.htm) ou le blog de l’exposition(http://blog.bnf.fr/babar-harry-potter-et-cie/).

M.

Un tour du monde en plus de 80 jours...

Une amie, Mikéla Marionvalle, réalise en ce moment un tour du monde original dont voici les escales :

03/01 Paris - Dehli
11/02 Katmandou - Hong kong
14/02 Hong konk - Bangkok
28/03 Bangkok - Sydney
01/04 Sydney - Cairns
11/04 Brisbane - Noumea
19/04 Noumea - Sydney
20/04 Sydney - Buenos aires
22/04 Buenos aires - Iguazu
26/06 Lima - Quito
16/07 Quito - Paris

Elle tient un blog pour raconter son périple, agrémenté de photos qu'elle réalise : http://www.travelpod.com/travel-blog/mikela/1/tpod.html

Il est malheureusement inexploitable en l'état dans un cadre scolaire (orthographe...) mais si des enseignants courageux acceptent de prendre la peine de le décrypter, il me semble qu'il peut être utile pour donner un éclairage "de terrain" sur certains pays, à travers des thèmes comme le mode de vie, l'alimentation, les transports, l'hébergement, les relations interpersonnelles et interculturelles...

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