21.09.2009

le livre de la semaine (3)

Parler d'une rencontre improbable entre deux êtres, entre deux âges, entre deux solitudes, alors que la très officielle "chasse aux métèques" bat son plein et qu'un "humoriste" haineux s'apprête à donner son "spectacle" à deux rues de chez moi peut prêter à sourire, voire carrément choquer. Je comprendrais bien volontiers ces réactions, je les trouverais même saines.

Mais je pense aussi que la littérature peut être - à la fois - le dernier bastion d'une liberté qui part en lambeaux et celui du refus de la haine. Non, cela n'est pas incompatible ! C'est même scandaleux d'opposer sans cesse "liberté d'expression" et "incitation à la haine raciale", c'est ouvrir une porte toujours plus grande aux extrémistes de tous poils !...

Sur ces entrefaites, au milieu d'une actualité politique, sociale, "culturelle" particulièrement réjouissante, je vous propose cette semaine un petit livre de Marguerite Duras, Yann Andréa Steiner, publié chez P.O.L. en 1992.

Un extrait nous est proposé à l'adresse suivante :  http://www.pol-editeur.fr/catalogue/ftp/pdf/507.pdf

ou encore :

« C’était donc onze heures du matin, au début du mois de juillet.
C’était l’été 80. L’été du vent et de la pluie. L’été de Gdansk. Celui de l’enfant qui pleurait. Celui de cette jeune monitrice. Celui de notre histoire. Celui de l’histoire ici racontée, celle du premier été 1980, l’histoire entre le très jeune Yann Andréa Steiner et cette femme qui faisait des livres et qui, elle, était vieille et seule comme lui dans cet été grand à lui seul comme une Europe.
Je vous avais dit comment trouver mon appartement, l’étage, le couloir, la porte. »

Il y a aussi, plus connu peut-être, le très beau livre de Yann Andréa, Cet amour-là, publié en 1999.

Sur Duras, vous trouverez encore la biographie de Laure Adler, le film de Jean-Jacques Annaud (mise à l'écran de L'Amant), le film de Peter Brook (Moderato Cantabile), plus récemment le film de Rithy Phan (Barrage contre le Pacifique) etc, etc, etc.

14.09.2009

le livre de la semaine (2)

Pour cette semaine, on reste dans le roman policier, et on fait juste un petit saut vers le Nord : après la Bretagne de Simenon, la Normandie, avec L'aiguille creuse de Maurice Leblanc.

Arsène Lupin, car c'est bien de lui qu'il s'agit ici, nous emmène vers Etretat, rocher aussi célèbre que mystérieux, puisqu'il renfermerait des trésors inestimables...

Mais chut !

Laissez-vous guider dans cette chasse au trésor trépidante, qui passe par le lycée Janson-de-Sailly, l'homme au masque de fer, le musée Carnavalet, la Révolution et bien sûr la Normandie...

C'est à la fois bien écrit et vraiment captivant.

 

niveau : bons élèves de quatrième et troisième, mais surtout lycée

un silence assourdissant...

On ne peut plus taire que, chaque mois, une centaine de personnes font silence, ensemble, à Lille, place de la République, autour du parvis des "Droits de l'homme", devant la Préfecture de région Nord-Pas de Calais.

Ces personnes ne scandent pas de slogans, ne crient pas forcément sur tous les toits leur appartenance à telle ou telle famille politique, à telle ou telle communauté religieuse, mais... se taisent, tout simplement. Se taisent pour protester autrement.

Le citoyen n'est pas audible alors il se tait, mais le montre.

Le silence est à la fois la chose la plus simple du monde et la plus complexe, dans nos vies trépidantes, dans nos villes agitées...

Cela a commencé le 30 octobre 2007 à Toulouse, quelques moines franciscains sur la place du Capitole. Puis au Havre, à Auxerre, Orléans, Lyon, Metz, Lille...

Cela peut rappeler le "Mouvement des mères de la place de Mai" en Argentine, chaque jeudi depuis 1977, des mères de "disparus" contre la dictature qui leur a volé leur(s) enfant(s)...

Cela n'est évidemment pas sans lien avec Gandhi, avec Martin Luther King, avec les mouvements de "non-violence active" (puisque le privatif "non" pourrait supposer un simple renoncement à la violence, une attitude passive, défaitiste, résignée...)

Gandhi a libéré l'Inde, Martin Luther King a fait voler en éclats la ségrégation des Noirs aux Etats-Unis, qui sait ce que peuvent ces "Cercles de silence" un peu partout en France...

 

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Sans-papiers : le silence pour réveiller les consciences
Le Monde, 28/05/09, Stéphane Thépot et Laetitia Van Eeckhout

Ils étaient près de 120, mardi 26 mai, à être venus observer non pas une mais 60 minutes de silence, place de la République à Lille. Comme tous les derniers mardis du mois depuis un an de 18 h 30 à 19 h 30, ils se tiennent là, silencieux, en cercle autour de la dalle des droits de l'homme pour manifester leur refus des méthodes expéditives d'interpellation, d'arrestation, d'enfermement et d'expulsion des étrangers. « Pour que la France redevienne le pays des droits de l'homme », dit simplement une banderole à l'extérieur du cercle. Mardi, autour de la même heure, dans plus d'une soixantaine de villes de France, petites, moyennes ou grandes, des cercles de silence étaient simultanément organisés. Une simultanéité exceptionnelle voulue pour interpeller les candidats aux élections européennes.

"Plus fort que les mots"...

Le silence ne laisse pas indifférent. Ce mardi, à Lille, les passants qui traversent en flots réguliers la place de la République à cette heure de sortie des bureaux, ralentissent le pas, "interpellés". Beaucoup s'arrêtent pour lire le tract que deux habitués du cercle, restés à l'écart pour ne pas troubler le silence, leur tendent. Certains rejoignent le cercle, comme Chloé 27 ans, frappée par ce silence qu'elle dit "plus fort que les mots".

"C'est important que tout le monde participe à ce type d'action" dit Olivier, 29 ans, vendeur dans un magasin de prêt-à-porter qui, passé un jour à côté du cercle de silence est revenu pour y prendre part. Il a posé ses écouteurs et son gobelet de soda, ne serait-ce qu'un quart d'heure pour protester contre "ces trop grandes injustices".

C'est durant la guerre d'Algérie que cet ingénieur agronome de formation, entré dans les ordres en 1947, a découvert la force de la non-violence. "Ce n'est pas un truc, une recette, mais un chemin pour être plus humain", dit-il, estimant que l'enfermement des sans-papiers "détruit ce qu'il y a de plus humain en nous".

04.09.2009

le livre de la semaine (saison 2)

Pour la rentrée, rien de tel qu'un bon petit polar... qui se passe sur mon lieu de vacances !... Il s'agit des Demoiselles de Concarneau, de Georges Simenon.

Dans la ville de Concarneau, au volant de sa nouvelle voiture, Jules Guérec, riche patron-pêcheur, renverse et blesse à mort le petit Joseph Papin. Après s'être enfui du lieu de l'accident, rongé de remords, il va se prendre d'amitié pour la famille de sa victime, les Papin : il engage, à bord d'un de ses bateaux, Philippe, l'oncle un peu simple d'esprit, et témoigne de nombreuses attentions à l'égard de Gérard, frère jumeau de la petite victime, et surtout de Marie, la fille-mère qu'il s'imagine peu à peu aimer.

Dans son désir d'un foyer qui lui appartiendrait, Jules Guérec rêve de l'épouser, malgré l'indifférence de la jeune femme et l'opposition inébranlable des deux demoiselles Guérec.

Céline, la sœur cadette, devine que le mystérieux meurtrier de Joseph Papin n'est autre que son propre frère...

Elle se rend chez Marie pour tout lui dévoiler et obtenir son silence.

En lui offrant une forte somme d'argent pour la dédommager, elle parvient à étouffer le scandale.

Jules Guérec ne peut plus supporter l'oppressante autorité de ses sœurs et surtout la destruction de ce qu'il croit être son amour. Il s'enfuit après une violente dispute au cours de laquelle il met à sac leur boutique.

Néanmoins, il retombera bientôt à nouveau sous leur coupe, car, depuis quarante ans qu'elles le couvent jalousement, Jules n'est resté devant elles qu'un être apathique et timoré. Une fois encore, il se soumettra.

Après la mort de Françoise, l’aînée, Céline et Jules poursuivent leur petite vie réglée, loin de leur ville natale et du scandale mal étouffé.

Un jour, ils apprendront par hasard le mariage de Marie Papin.

 

(http://www.toutsimenon.com/oeuvre/tout-simenon/fiche-livr...)

 

niveau : lycée

 

Concarneau est un joli petit port breton, avec une  "Ville-Close" (très petite, sur une sorte de presqu'île) entourée de remparts, et une ville plus moderne tout autour.

Comme c'est la Bretagne, il faut y aller avec des pulls bien chauds, même en été...

Idéal pour ceux qui souffrent de la canicule !

Au mois d'août, il y a le "Festival des Filets Bleus", un festival de danses et de coiffes bretonnes traditionnelles.

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